Santé

Contexte

Une bonne santé est l'un des biens les plus précieux dans la vie des gens et comporte aussi beaucoup d’avantages, parmi lesquels un meilleur accès aux études et à l’emploi, une productivité et une richesse plus grandes, des dépenses de santé moindres, de bonnes relations sociales et, bien sûr, une vie plus longue.

L’espérance de vie

L’espérance de vie est l’indicateur le plus utilisé en matière de santé, bien qu’il ne tienne compte que de la durée et non de la qualité de la vie. L’espérance de vie s’est considérablement allongée depuis cinquante ans dans les pays de l’OCDE. En moyenne, l’espérance de vie à la naissance a atteint 80 ans en 2010, ce qui correspond à un gain de plus de dix ans depuis 1960. Les femmes vivent près de six ans de plus que les hommes, avec une espérance de vie moyenne de 83 ans, contre 77 ans pour les hommes. C’est en Italie, au Japon et en Suisse que l’espérance de vie est la plus élevée : elle atteint en moyenne 83 ans. À l’autre extrémité, on trouve Mexique pour lequel l’espérance de vie est de 74 ans. Elle est de 69 ans en Fédération de Russie et de 73 ans au Brésil. 

Des analyses récentes de l’OCDE donnent à penser que la progression des dépenses de santé a contribué à l’amélioration de l’espérance de vie, mais d’autres facteurs tels que l’augmentation des niveaux de vie, les améliorations d’ordre environnemental, l’évolution des modes de vie et l’éducation jouent également un grand rôle. Dans leur ensemble, ils expliquent une part importante des écarts entre les pays sur le plan de l’espérance de vie, ainsi que les évolutions au fil du temps. On peut encore améliorer l’état de santé et l’espérance de vie des populations en mettant davantage l’accent sur la santé publique et la prévention des maladies, surtout parmi les populations défavorisées, et en améliorant la qualité et les résultats des systèmes de santé.

Les maladies chroniques (non transmissibles), notamment le cancer, les maladies cardiovasculaires, les troubles respiratoires chroniques et le diabète, constituent désormais les premières causes d’invalidité et de décès dans les pays de l’OCDE. Trois quarts environ des décès survenus dans les pays de l’OCDE étaient dus à des maladies chroniques. Or, ces maladies pourraient souvent être évitées, dans la mesure où elles sont liées à des modes de vie que l’on peut changer. Ceux qui ne fument pas, qui boivent de l’alcool en quantité modérée, qui pratiquent une activité physique, qui mangent de façon équilibrée et qui ne connaissent ni surpoids ni obésité ont un risque bien moins élevé de mourir prématurément que ceux qui ont un mode de vie peu sain.

Un certain nombre de pays de l’OCDE sont parvenus à faire baisser considérablement la consommation de tabac au cours des dernières décennies. Toutefois, le tabac reste une cause majeure de décès prématuré et le plus gros risque évitable pour la santé. Le recul de la consommation de tabac peut être attribué en grande partie aux campagnes de sensibilisation, à l’interdiction de la publicité et à l’augmentation des taxes. Désormais, moins de 20 % des adultes de 15 pays de l’OCDE fument quotidiennement, contre plus de 30 % en 1980. Seuls 14 % des adultes en Islande et 13 % des adultes en Suède déclarent fumer au moins une cigarette par jour. La consommation de tabac demeure élevée dans certains pays tels que la Grèce, où 32 % des adultes continuent de fumer quotidiennement.

Le surpoids et l’obésité représentent également un facteur de risque important pour de nombreuses maladies chroniques. Dans 20 des 34 pays de l’OCDE, plus de 50 % des adultes sont désormais considérés comme en surpoids ou obèses. La prévalence de l’obésité, qui entraîne plus de risques que le surpoids pour la santé, s’échelonne entre 4 % en Corée et au Japon et plus de 32 % aux États-Unis et au Mexique. En l’espace de 20 ans, le taux d’obésité a plus que doublé dans un certain nombre de pays de l’OCDE avec une moyenne de 17.2 %. Les pouvoirs publics de nombreux pays membres ont lancé des politiques de lutte contre l’obésité visant à promouvoir une alimentation plus équilibrée et la pratique d’activités physiques. Ces politiques ciblent souvent les enfants d’âge scolaire et consistent à modifier l’environnement scolaire et les menus de cantine et à inscrire aux programmes scolaires des cours sur la santé et le mode de vie. Les pouvoirs publics peuvent aussi chercher à inciter les médecins à fournir des conseils adaptés aux patients à risques, à durcir la réglementation en matière d’étiquetage des aliments et de publicité et à taxer davantage les aliments malsains tout en taxant moins les aliments sains.

 Auto-évaluation de l’état de santé

La plupart des pays de l’OCDE procèdent régulièrement à des enquêtes sur l’état de santé de leur population qui permettent aux personnes interrogées d’évaluer différents aspects de leur état de santé. L’une des questions couramment posées concerne leur état de santé tel qu’elles le perçoivent. Malgré la nature subjective de cette question, les réponses obtenues se révèlent être un bon indicateur en termes de consommation future de soins de santé et de mortalité. Dans l’ensemble des pays membres, environ 69 % des adultes jugent leur santé « bonne » ou « très bonne ». Aux États-Unis, 90 % des adultes se disent en bonne santé, alors qu’à l’autre bout de l’échelle, moins de 50 % des habitants se jugent en bonne ou en très bonne santé en Corée, au Japon et au Portugal. Des facteurs d’ordre culturel peuvent influer sur les réponses à cette question très générale.

 Les hommes ont plus tendance à se déclarer en bonne santé que les femmes puisque, en moyenne dans les pays de l’OCDE, 72 % des hommes jugent leur santé « bonne » ou « très bonne », contre 67 % des femmes. L’écart est particulièrement marqué au Chili, au Portugal et en Turquie. En Australie, au Canada, en Irlande, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, les pourcentages sont similaires pour les deux sexes. L’âge et le statut social ont aussi une incidence sur les réponses. Comme on pouvait s’y attendre, les personnes âgées se déclarent en moins bonne santé que le reste de la population, de même que les chômeurs et les personnes moins instruites ou dotées d’un revenu plus modeste. Sur l’ensemble des pays de l’OCDE, environ 80 % des adultes parmi les 20 % les plus aisés se déclaraient en « bonne » ou en « très bonne » santé, contre environ 61 % des adultes parmi les 20 % les plus modestes.

Santé dans le détail par pays